Fonds souverains : 16 000 milliards de dollars d’actifs, surtout en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient
Une note du FMI datée du 21 juillet décrit ces fonds publics comme des acteurs de premier plan, et une étude de l’université IE situe l’essentiel de leurs actifs hors d’Europe et d’Afrique.
Une enquête du Monde, publiée le 10 octobre 2026, examine la manière dont des États recourent à leurs fonds souverains pour étendre leur influence. Le quotidien y voit le symbole d’un capitalisme d’État qui redevient central et se déploie à l’échelle mondiale.
En bref
- Le FMI évalue les actifs des fonds souverains à 16 000 milliards de dollars, contre 3 000 milliards en 2008.
- L’université IE calcule une hausse de 18 % entre juillet 2024 et décembre 2025.
- Le Moyen-Orient et l’Asie-Pacifique détiennent 79 % des actifs, l’Afrique 1 %.
Un capitalisme d’État qui se mondialise
Les fonds souverains sont des véhicules d’investissement détenus par des puissances publiques. Selon Le Monde, ils illustrent le retour d’un capitalisme d’État dont le rayon d’action dépasse désormais les frontières nationales, et l’enquête met en avant leur rôle d’instrument d’influence pour les États qui les contrôlent.
Le Fonds monétaire international, institution basée à Washington, a publié une note le 21 juillet. Il y affirme, selon la citation reprise par le quotidien, que « les fonds souverains sont devenus les acteurs les plus puissants de la finance mondiale ». Cette appréciation vient donc d’une organisation multilatérale et pas seulement de la presse.
Des actifs multipliés depuis 2008
Le quotidien ouvre son enquête sur un constat : en vingt ans, la masse d’actifs gérés a plus que quintuplé. D’après le FMI, elle atteint 16 000 milliards de dollars, soit environ 14 215 milliards d’euros, alors qu’elle se limitait à 3 000 milliards de dollars en 2008.
Rapporté à cette période, l’encours a donc été multiplié par plus de cinq. Le rythme ne faiblit pas : le gain récent mesuré par l’université IE, détaillé plus bas, équivaut à lui seul aux deux tiers de la totalité des actifs que ces fonds géraient en 2008.

Une étude d’avril de l’université espagnole IE avance par ailleurs une progression récente de 18 %, ce qui représente 2 000 milliards de dollars supplémentaires entre juillet 2024 et décembre 2025. Ce chiffre résulte des calculs de cet établissement.
Des fonds alimentés par les ressources publiques
Un fonds souverain place à long terme de l’argent appartenant à un État. Selon les pays, cet argent provient de recettes tirées des matières premières, comme le pétrole et le gaz, d’excédents commerciaux ou de réserves de change. Les objectifs varient eux aussi : épargner pour les générations futures, amortir les chocs budgétaires ou financer des priorités nationales. C’est cette capacité à investir hors des frontières, dans des entreprises, des infrastructures ou des actifs financiers, qui en fait un outil d’influence.
Où se trouve l’argent
La même étude décrit une répartition géographique très concentrée : deux grandes zones se partagent la quasi-totalité des montants, tandis qu’un continent demeure à la marge.
| Zone | Part des actifs des fonds souverains |
|---|---|
| Moyen-Orient et Asie-Pacifique | 79 % |
| Europe | 16 % |
| Afrique | 1 % |
Près de huit dollars sur dix relèvent ainsi de fonds implantés au Moyen-Orient ou en Asie-Pacifique, tandis que l’Europe, avec 16 %, arrive loin derrière. Quant à l’Afrique, son 1 % est qualifié de poids symbolique dans l’économie des fonds souverains. Les trois zones citées totalisent 96 % des actifs ; la répartition du solde n’est pas précisée dans les données publiées.
Sur le plan des chiffres, l’écart est net entre les régions qui concentrent ces capitaux publics et celles qui n’en disposent presque pas, ce qui nourrit le questionnement du quotidien sur leur usage comme levier de puissance.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Darthjipsu. Licence : CC BY-SA 4.0.
