Une tempête économique se prépare-t-elle avant Noël ? Ce que révèlent les fragilités cumulées

Les taux d’emprunt ont dépassé 5 % le 21 octobre, et le patron de Carrefour craint que les Français limitent leurs dépenses pendant les fêtes de fin d’année.

Pierre Dubois Par Pierre Dubois
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Une tempête économique se prépare-t-elle avant Noël ? Ce que révèlent les fragilités cumulées
Deux clients devant un étal de décorations de Noël, entourés de boules, de sucres d’orge décoratifs et de rennes dorés pailletés.

En bref

  • Le Monde décrit une « tempête parfaite » qui semble se former au-dessus de l’économie française.
  • Carrefour chiffre entre 80 et 200 millions d’euros le coût annuel des dégradations et pillages des 17 et 18 octobre.
  • L’Insee relève, pour les crises sociales depuis 1981, un effet moyen d’environ −0,1 point de PIB.
  • Le dernier trimestre pèse lourd pour les commerçants à cause des ventes de Noël.

La consommation des ménages peut-elle tenir jusqu’à Noël ? Personne ne le sait encore, et ce qui inquiète tient surtout à la conjonction de plusieurs fragilités. Selon Le Monde, une « tempête parfaite » semble se former au-dessus de l’économie française. Pour les foyers, l’enjeu est celui du pouvoir d’achat, déjà éprouvé, et de la vigueur des achats de fin d’année.

Une accumulation de fragilités

Le quotidien énumère des facteurs qui s’additionnent. Le premier est politique : depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, la fragilité du gouvernement menace, chaque année, le vote du budget.

Le deuxième tient à l’énergie. Les prix ont flambé sous l’effet des tensions au Moyen-Orient, ce qui alimente l’inflation et pousse les taux d’intérêt à la hausse. Le mercredi 21 octobre, ces taux sont passés au-dessus de 5 %, avec des effets immédiats sur le pouvoir d’achat des Français, d’après Le Monde.

S’ajoute désormais une crainte plus récente. Des tensions et des violences ont marqué, partout en France, les manifestations du 17 octobre, et l’on redoute que la consommation des ménages finisse par craquer.

Le signal d’alarme de Carrefour

Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, a lancé l’alerte le mardi 20 octobre. Il a évalué le coût, pour son groupe, des dégradations et des pillages du week-end des 17 et 18 octobre.

80 à 200 millions d’euroscoût annuel estimé par Carrefour pour les dégradations et pillages des 17 et 18 octobre

La fourchette est large, et le dirigeant ne s’arrête pas à la réparation des dégâts et aux vols. Sa crainte principale est que ce climat détourne les Français des magasins et les pousse à limiter encore leurs achats.

Un caddie de supermarché vide en métal argenté posé sur un sol dallé gris, devant un mur sombre.
Ce caddie vide devant un mur sombre illustre le thème d’une tempête économique avant Noël, sans montrer l’événement ni un lieu précis. Photo : Paul Seling / Pexels

Le moment est sensible : le dernier trimestre de l’année est crucial pour les commerçants et pour l’ensemble de l’économie, en raison des ventes de Noël, censées gonfler le moral des ménages et la consommation.

Ce que disent les précédents sociaux

L’effet des mouvements sociaux sur la croissance est documenté. Dans une note de septembre 2025 qui passe en revue les crises sociales depuis 1981, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) écrit : « L’analyse fait ressortir un effet négatif, mais non significatif, de l’ordre de − 0,1 point de PIB [produit intérieur brut] le trimestre de la tenue du mouvement social par rapport au trimestre précédent ».

L’impact peut toutefois être plus marqué. Lors du mouvement des « gilets jaunes », au dernier trimestre 2018, les dépenses des ménages ont calé à 0 %, après une hausse de 0,4 % au troisième trimestre. La croissance trimestrielle du PIB avait alors stagné à 0,3 %.

Des raisons de relativiser

Sur quatre décennies de crises sociales, l’Insee mesure un effet négatif mais non significatif, d’environ −0,1 point de PIB le trimestre du mouvement.

Des raisons de s’inquiéter

L’automne réunit budget fragile, énergie chère, taux au-dessus de 5 % et violences du 17 octobre. En 2018, les dépenses des ménages avaient déjà calé au dernier trimestre.

Repère Donnée
Effet moyen des crises sociales depuis 1981 (Insee, septembre 2025) environ −0,1 point de PIB, non significatif
Dépenses des ménages, troisième trimestre 2018 +0,4 %
Dépenses des ménages, quatrième trimestre 2018 0 %

Les conséquences sur la consommation de Noël et sur la croissance restent, à ce stade, des craintes et non des constats : rien n’indique que les manifestations de 2026 pèseront plus que celles de 2018.

Sur le même registre, la tension sur la dette est analysée dans un article sur la presse américaine et la dette française.

Photo : Vietnam Hidden Light / Pexels

Pierre Dubois

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Pierre Dubois

Pierre Dubois a commencé comme pigiste pour un quotidien régional, puis a travaillé en agence de presse sur les dépêches du soir. Il suit pour NewsTV l'actualité générale, la politique, la planète et les faits de société, en datant chaque information et en citant ses sources. Il écoute la revue de presse radio chaque matin avant d'ouvrir ses messages.