Le FMI relève la zone euro à 1,1 % mais abaisse la croissance française à 0,4 %

Allemagne, Espagne et Italie tirent la zone euro vers le haut, alors que Paris voit ses prévisions rognées de 0,2 point sur deux ans, selon le Fonds monétaire.

Grégoire Lamy Par Grégoire Lamy
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Le FMI relève la zone euro à 1,1 % mais abaisse la croissance française à 0,4 %
Pièces dorées, calculatrice et graphiques financiers sur un plan de travail orange, une illustration générale de l’économie et des prévisions de croissance.

En bref

  • Le FMI a dévoilé ses prévisions à Bangkok le mardi 13 octobre.
  • La France est l’exception parmi les grandes économies de la zone euro, révisées à la hausse.
  • Le Fonds invoque les aléas climatiques de l’été et l’incertitude politique pour expliquer la situation française.
  • Il appelle les gouvernements à réduire leurs dépenses et à mieux gérer leur dette.

La zone euro ira un peu mieux que prévu en 2026, mais la France fera exception. Dans son rapport sur l’état de l’économie mondiale, publié le mardi 13 octobre avec des prévisions actualisées dévoilées à Bangkok, le Fonds monétaire international (FMI) revoit à la hausse la croissance de la plupart des grandes économies européennes et à la baisse celle de Paris, selon franceinfo.

1,1 %croissance attendue en zone euro en 2026, soit 0,2 point de plus qu’en juillet
0,4 %croissance attendue en France en 2026, révisée de 0,2 point à la baisse
3,1 %croissance mondiale attendue en 2026, contre 3,5 % en 2025

Une France à contre-courant

Pour 2027, la zone euro est attendue à 1,2 %, sans changement par rapport à la précédente prévision. La France, elle, ne progresserait que de 0,7 % l’an prochain, avec là aussi une révision de 0,2 point vers le bas. Le Fonds explique cette situation par l’impact des événements climatiques de l’été, vagues de chaleur et incendies, ainsi que par l’incertitude politique.

Allemagne, Espagne, Italie : l’écart en chiffres

Les trois autres grandes économies de la zone sont toutes relevées pour 2026. L’Allemagne, qui sort de trois années difficiles dont deux de récession, enregistre la plus forte accélération.

Pays Croissance 2026 Croissance 2027
Allemagne 1,3 % (+0,6 point) 1,1 %
Espagne 2,5 % (+0,4 point) 1,8 %
Italie 0,8 % (+0,3 point) 0,6 %
France 0,4 % (−0,2 point) 0,7 %

L’intelligence artificielle, moteur de la révision mondiale

À l’échelle du globe, le FMI table sur 3,1 % en 2026, soit 0,1 point de plus qu’en juillet, puis sur 3,4 % en 2027, chiffre inchangé. La hausse vient des économies avancées, surtout asiatiques, dopées par les investissements dans l’intelligence artificielle : Taïwan est attendu à 10,7 % et la Corée du Sud à 3,3 %, tandis que les États-Unis restent à 2,3 %. Selon Silvana Tenreyro, cheffe économiste du FMI, l’IA a contribué à près de la moitié de la croissance du commerce mondial entre 2023 et 2025.

Un homme de dos consulte son smartphone devant un ordinateur portable affichant des graphiques boursiers, dans un bureau.
Un homme consulte des données de marché sur un smartphone et un ordinateur portable, dans un espace de bureau. Photo : Yan Krukau / Pexels

Directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva a posé la question de la fragilité de cet appui : « Nous avons désormais une économie mondiale qui repose sur un seul pilier : celui de l’intelligence artificielle. Et si ce pilier vacillait ? »

Parmi les autres grandes économies, la Chine est abaissée à 4,5 % en 2026 puis 4 % en 2027, alors que l’Inde, relevée de 0,6 point, atteindrait 7 % cette année.

Énergie et dette, les deux points de vigilance

  • Les pays émergents pâtissent de la flambée des hydrocarbures liée au conflit au Moyen-Orient et la compensent par des subventions qui absorbent leurs marges budgétaires déjà limitées.
  • Le Fonds prévoit en 2026 une contraction de 3,3 % de l’économie saoudienne et de 7,6 % pour l’Iran, avec des reculs de 16 % pour l’Irak, 16,7 % pour le Koweït et 11,3 % pour Bahreïn.
  • Les ratios de dette publique s’envolent, y compris dans les économies avancées : le FMI appelle les gouvernements à réduire leurs dépenses et à mieux gérer leur endettement.

Pour concilier ces contraintes, Deniz Igan, cheffe de la division de recherche du FMI, défend un compromis : « Nous préconisons un équilibre entre les besoins immédiats liés à l’inflation, la sécurité alimentaire et énergétique, et la nécessité de préserver la stabilité à moyen terme ».

Silvana Tenreyro résume le tableau d’ensemble en ces termes : « L’économie mondiale a fait preuve de résilience, mais cette résilience est mise à rude épreuve, avec des risques orientés à la baisse ».

Photo : Nataliya Vaitkevich / Pexels

Grégoire Lamy

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Grégoire Lamy

Grégoire Lamy a été rédacteur dans une lettre économique destinée aux dirigeants de PME. Il écrit pour NewsTV sur l'économie : emploi, prix, entreprises, budget de l'État et consommation, en rapportant les chiffres à leur source. Il lit les notes de conjoncture de l'Insee le jour de leur parution.